Voici un article qui ne concerne pas la Corrèze. Par contre les problématiques minières prennent une tournure extrêmement préoccupante pour l’écologie en Haute-Vienne et il nous parait indispensable d’en rendre compte dans Citoyliens. Voir le reportage vidéo en fin d’article.
Le contexte
La CMA a demandé une prolongation du PERM Fayat qui est soumise à l’avis du public du 14 septembre au 5 octobre 2026.
En février 2026, l’État a accordé à la CMA :
La prolongation pour 5 ans du PER Douillac, et son extension à une superficie d’environ 300 km² (!)
La prolongation pour 5 ans du PER Pierrepinet.
La CMA a ensuite demandé une prolongation du PERM Fayat qui a déjà été soumise aux avis de diverses administrations et des collectivités locales, et qui est maintenant soumise à l’avis du public du 14 septembre
au 19 octobre 2026 à midi. ( avis prolongé grâce à la mairie et aux soutiens !)
L’avis de cette consultation est disponible sur cette page du gouvernement:
Précisez vos nom, prénom, adresse, et tout autre élément qui peut vous sembler important : âge, situation… (autant d’éléments qui donneront corps à la contestation).
Vous pourrez écrire autant de mails que vous voulez : vous pouvez en particulier permettre, via votre adresse mail, à des gens qui n’ont pas internet de s’exprimer.
Les services de l’Etat feront une analyse qualitative (arguments avancés) et quantitative (combien de courriels reçus).
Quoi écrire ?
Mettez en avant les arguments qui vous semblent les plus importants. N’hésitez pas à vous inspirer de :
Le 16 OCTOBRE à 20h au cinéma le Paris à Souillac “Fini de rire” de Jean-Baptiste Rivoire En France, rire des puissants est devenu un sport à risque : en 30 ans, les humoristes ont été méthodiquement neutralisés, marginalisés, censurés, voire virés. Ce documentaire retrace la mécanique d’une mise au silence qui en dit long sur l’état réel de la liberté d’expression dans l’audiovisuel français.
Moi, Président, grâce à l’action résolue des forces de l’ordre, je ferai tomber les masques.
– Ça veut dire quoi, chef, on peut cogner ?
Ça veut dire qu’en tant que dépositaire assermenté de la force publique, tu dois agir de façon proportionnée pour que les masques tombent. Masque de livreur ou autre subalterne, tu cognes. Masque mis à l’envers comme une casquette, tu cognes. Masque avec support pour Gopro, tu cognes. Masque d’allocataire, tu cognes. Masque où tu sens qu’en dessous ça fomente, ou même simplement cogite, tu cognes. Masque bonnet et bretelle de soutard, la salope, tu cognes. Masque porté d’une façon provocante, ou au contraire trop humble, ou inconsciente du danger imminent que représente le maintient de sa propre sécurité, tu cognes.
De temps en temps oins ta matraque avec du gel hydroalcoolique et insère-la dans un anus pour protéger les muqueuses de l’individu dans le cadre strict du maintient de l’ordre, puis remets-toi à ta tâche qui consiste à faire tomber les masques.
Masque qui t’empêche de comprendre les explications de l’individu, tu cognes.
Masque avec de grosses lèvres peintes qui semblent t’aspirer vers elles, tu cognes.
Masque aux relents d’huile essentielle de ravintsara, tu cognes.
Masque en non tissé issu de plastique recyclé, conçu par un collectif, fabriqué localement base 35 heures, distribué en circuit court au juste prix, lavable à 60 ° et donc réutilisable, non mais je rêve, tu cognes.
Oins, cogite, allocataire, subalterne, relents, dépositaire, fomente, muqueuses, immunisé, s’il y a des mots que tu ne comprends pas, et un masque, tu cognes.
Masque que le type dessous pourrait bien se foutre de ta gueule, tu cognes.
Masque qui ne ferait pas partie de cette liste, c’est suspect, tu cognes.
De façon suffisamment proportionnée pour que les corps s’affaissent et que tombent les masques car que deviendrait sinon le droit pour chacun d’être pleinement reconnu par les caméras qui assurent sa protection ?
La rubrique playliste se remplit sur Citoyliens. Voici une chanson de Bertand Belin réorchestrée par le saxophoniste Laurent Bardainne & Tigre d’Eau Douce
Director : Jules Tardif Producer : Thomas Duchêne – Cornelia Production Line Producer : Laurianne Métais DOP : Alice Boucherie Steadicam Operator : Katia Hamnane Drone Operator : Etienne Lacueille Editor : Paul Laurent Color Grader : Emerson Lefrançois
Cast: Valentine, Clémence, Erwan, Victor, Marion, Andy, Tom, Pedro, Zara Special Thanks : Pour leur hospitalité et leur bienveillance: les parents de la petite Clémence, Tanguy et l’asso Darwin, Greg et l’asso Board-O, Leo Valls, Mathias, Foulques et Anne Hélène.
Laurent Bardainne • Ténor saxophone, synthétiseur Bertrand Belin • Vocal / Chant Arnaud Roulin • Hammond B3, synthétiseur Sylvain Daniel • Bass Philippe Gleizes • Drums Roger Raspail • Percussions
Recorded at ICP Studio Bruxelles (April 2021) Mixing by Fredéric Soulard à Studio Méchant Mastering by Chab
Le mouvement de protestation des lycéens, déclenché à la mi-septembre en région parisienne avant de s’étendre à toute la France, a révélé une crise profonde du système éducatif français. Derrière les blocages et les affrontements, des données chiffrées documentent une situation inédite depuis des décennies.
Une répression d’une ampleur historique
Au 7 octobre 2026, le ministère de l’Intérieur recensait 6 629 interpellations depuis le début du mouvement, dont plus de 5 000 gardes à vue. Fait marquant : 87 % des personnes placées en garde à vue sont des mineurs, selon le ministère de la Justice . Quatorze personnes ont été placées en détention provisoire, dont dix majeurs et quatre mineurs .
Le bilan humain est lourd : 761 policiers et gendarmes blessés, ainsi que 215 élèves et 89 personnels de l’Éducation nationale. Des blessures graves ont été documentées : un adolescent de 14 ans touché au visage par un tir de LBD, un autre ayant perdu un œil à Tours, et un lycéen de 15 ans ayant eu la main arrachée par une grenade de désencerclement à Lens . Face à ces mutilations, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé la suspension temporaire de l’usage des grenades assourdissantes pour le mouvement lycéen, tout en maintenant « aucune consigne de retenue » pour le reste de l’arsenal .
Dix-huit enquêtes de l’IGPN (police des polices) ont été ouvertes . Le Syndicat de la magistrature qualifie la réponse policière de « disproportionnée », soulignant que sur des milliers d’interpellations, « je doute qu’il y ait 100 % de casseurs » .
Jamais depuis la Seconde Guerre mondiale un mouvement social n’avait donné lieu à un tel volume de gardes à vue impliquant majoritairement des mineurs. Cette donnée, régulièrement citée par les observateurs, témoigne d’une militarisation inédite de la réponse à une mobilisation scolaire.
20 millions d’heures de cours perdues
Le rapport parlementaire d’Anthony Boulogne, déposé en septembre 2026, documente une hémorragie éducative : sur l’année scolaire 2024-2025, 20 millions d’heures d’enseignement n’ont pas été assurées dans les collèges et lycées publics . Si l’on exclut les fermetures d’établissements pour examens ou événements, 7,5 % des heures ont été perdues faute de remplacement des enseignants absents, soit 15,4 millions d’heures.
Le dispositif de remplacement est structurellement défaillant. Le taux de remplacement des absences de courte durée — maladies de quelques jours, formations — est inférieur à 12 %. Autrement dit, neuf absences courtes sur dix ne sont pas remplacées. Le coût total des dispositifs de remplacement atteint pourtant 4,5 milliards d’euros, pour des « résultats décevants » selon le rapport .
Les inégalités entre établissements sont criantes : les 10 % d’établissements les plus touchés perdent 19 % de leurs heures d’enseignement, contre 3 % pour les moins touchés — un rapport de six pour un.
Des classes à 30 élèves
À la rentrée 2026, la France compte 5,58 millions d’élèves dans le secondaire . La moyenne nationale affichée de 21 élèves par classe masque une réalité très différente au lycée : 30,5 élèves par classe en moyenne dans les lycées d’enseignement général et technologique . Dans les lycées professionnels, la moyenne tombe à 18,7 élèves, et au collège à 25,3 .
Le ministère de l’Éducation reconnaît que la baisse démographique (-161 500 élèves en 2026) « ne vide pas encore les classes » . Le taux d’encadrement reste parmi les plus élevés d’Europe : environ 26 élèves par classe au collège contre 21 en moyenne dans l’Union européenne .
4 018 postes supprimés
Le projet de loi de finances 2026 prévoit la suppression de 4 018 postes d’enseignants titulaires à la rentrée 2026 . Dans le second degré public, 1 365 suppressions sont programmées, auxquelles s’ajoutent plus de 1 800 suppressions de « moyens d’enseignement » révélées par les documents transmis aux syndicats . Ces coupes s’inscrivent dans une tendance longue : près de 8 800 postes d’enseignants ont été supprimés dans le secondaire depuis 2017. Le SNES-FSU estimait qu’à la rentrée 2025, les équipes pédagogiques étaient incomplètes dans 73 % des collèges et lycées.
L’effondrement en mathématiques
Les résultats de l’enquête PISA 2025, publiés en septembre 2026, confirment un décrochage historique. La France obtient 458 points en mathématiques, en recul de 16 points depuis 2022 et de près de 30 points depuis 2018. Le score de 2025 est le plus bas jamais enregistré en plus de vingt ans.
La proportion d’élèves en difficulté (sous le niveau 2) atteint 36 %, contre 16,6 % en 2003 . Symétriquement, les élèves les plus performants (niveaux 5 et 6) ne sont plus que 5 %, contre 15,1 % en 2003 . En termes d’apprentissage, cette perte de 37 points entre 2003 et 2025 équivaut à près de deux années scolaires de retard.
L’écart entre élèves favorisés et défavorisés reste l’un des plus élevés de l’OCDE : 113 points en France contre 94 en moyenne. Cet écart représente près de trois années complètes de scolarité.
Ce que révèlent ces chiffres
Les revendications des lycéens — professeurs absents non remplacés, classes surchargées, bâtiments délabrés — ne relèvent pas d’une perception subjective. Elles correspondent à des données officielles documentées par la DEPP, l’Assemblée nationale et les enquêtes internationales. La question centrale n’est pas de savoir si ces chiffres sont exacts — ils le sont — mais pourquoi ils coexistent avec une réponse policière d’une ampleur inédite plutôt qu’avec des mesures structurelles.
Les proviseurs rejoignent la mobilisation des lycéens
Les proviseurs ont officiellement rejoint la mobilisation lycéenne en lançant une « alerte sociale nationale » le 7 octobre 2026, portée par le SNPDEN-UNSA, principal syndicat des chefs d’établissements. Cette décision marque un tournant majeur, les chefs d’établissement déclarant soutenir les revendications de leurs élèves, notamment le manque de moyens, les classes surchargées, les bâtiments insalubres et la nécessité de rénover les lycées.
Cette mobilisation s’accompagne d’une demande urgente envers le gouvernement :
Négociations immédiates : Le syndicat exige que le ministre de l’Éducation nationale rejoigne la table des négociations pour résoudre la crise.
Dialogue interne : Les proviseurs organisent des temps de démocratie au sein des lycées pour écouter les élèves, bien que certains syndicats refusent les cours en distanciel pendant la crise.
Contexte de violence : Cette entrée en lice intervient après une semaine de violences ayant fait 215 élèves et 761 policiers blessés, ainsi que des dégradations graves dans de nombreux établissements.
Les enseignants et parents d’élèves se sont également massivement joints aux cortèges, renforçant la pression sur le gouvernement pour obtenir des recrutements de professeurs et une amélioration des conditions de travail.
Ce matin les élèves du Lycée Edmond Perrier ont manifesté, rejoints par celles et ceux du Lycée Cassin
Ambiance combative et bon enfant
Ça permet aux plus anciens venus en solidarité de réviser leurs classiques car oui ces jeunes ont des lettres,des idées et des convictions “tres fâchés ,jamais fachos “
Et ils chantent “la jeunesse emmerde le Front National “
St Céré
Récit d’une prof de Clermont Ferrand
Ce matin, je pensais aller au travail comme tous les jours : petite réunion, puis enchaîner 4 heures de cours avec mes 1eres et mes 2ndes.
Lorsque je suis sortie de ma réunion pour aller récupérer ma voiture et me diriger au lycée, je me suis retrouvée face à mes élèves. Mais ils n’étaient pas dans ma salle de classe. Ils étaient dans les rues de Clermont-Ferrand, portant des cartons avec des slogans.
Lorsque je les ai vus, je suis machinalement allée les saluer. J’étais fière de voir mes élèves devenus des citoyens se poser des questions, échanger, espérer, dénoncer leurs conditions d’études…
Malheureusement, ce moment idyllique n’a pas duré longtemps. Des gazs lacrymogènes nous ont rapidement piqué les yeux et la bouche, nous obligeant à nous réfugier dans une petite rue pour nous mettre à l’abri.
Voyant mes yeux rouges, mes élèves m’ont demandé si j’allais bien. Ils m’ont donné un masque et du sérum physiologique.
Nous avons donc continué à échanger. De plus en plus d’élèves et d’anciens élèves me reconnaissaient. J’étais de nouveau dans ma salle de classe, à parler de justice, de droits, d’égalité avec eux. Mais cette fois, je n’étais plus seulement leur prof, j’étais leur “camarade”.
Ils m’ont présentée à leurs proches.
J’ai donc décidé d’accompagner ce cortège et je me suis mise en grève.
À quoi bon aller dans ma salle de cours alors que mes élèves étaient là, dans la rue, exposés à des attaques répétées ?
Alors que j’échangeais des salutations, la BAC en civile est arrivée, gazeuse en main, prête à s’en prendre au groupe de lycéens derrière moi.
Mon réflexe a été d’écarter les bras en criant :
« Ce sont mes élèves ! Ils n’ont rien fait, arrêtez ! »
Ça a marché.
Mes élèves et ceux derriers ne se sont pas fait gazer cette fois.
Mais un jeune homme qui passait par là s’est fait attraper, repousser contre un mur et fouiller. Je suis restée à proximité pour voir s’il n’allait pas subir un quelconque excès de zèle.
Il a finalement été relâché. Il est venu vers moi et m’a remerciée, en m’expliquant que l’un des policiers venait de le menacer de lui mettre un coup de « casse » et de lui coller un outrage à agent.
Pourquoi ?
Gratuitement.
Je suis effarée.
La manifestation décide ensuite de se rendre place de Jaude par l’avenue des États-Unis.
Les jeunes avancent, bras levés — et quels doigts ! — en signe de paix devant le cordon de CRS.
Ils et elles avancent tranquillement. Ils et elles chantent “La Marseillaise”.
Mais les CRS ne semblent plus supporter cette jeunesse qui ose marcher vers eux pacifiquement.
Ils tirent.
Des galets de gaz lacrymogène arrivent sur les lycéens et lycéennes, dont beaucoup sont mineur.es. Ils et elles courent, paniquent, s’échauffent…
Et ils et elles recommencent.
Les jeunes marchent à nouveau. Puis s’assoient pour montrer qu’ils et elles sont pacifiques.
Certaines et certains crient aux CRS :
« Vous avez des enfants ? »
« On pourrait être vos enfants ! »
Mais les lacrymogènes continuent d’être lancés, à un rythme effréné.
Certains CRS ont le LBD en main. Ils pointent leur arme directement vers les jeunes.
J’ai peur.
J’ai peur qu’un.e des jeunes autour de moi soit blessés. Voire pire.
Je crie :
« Attention au LBD ! Ils arrachent les yeux ! »
Encore des gaz.
J’ai mal aux yeux. Je tousse. Je ne vois plus rien.
Une main. Une voix :
« Madame, madame, tenez, prenez de l’eau. »
Je bois. J’enlève mon masque.
Je me retourne.
Une jeune fille est assise. Elle n’arrive plus à ouvrir les yeux. Elle panique. Sa respiration est saccadée.
Je me mets à côté d’elle et lui donne ma bouteille d’eau. Des jeunes nous donnent du sérum physiologique.
Merci.
Qu’elle est belle, notre jeunesse !
Ils et elles me font du bien à mon humanité.
Il est 15 h.
Il faut que je parte.
Je pars le cœur serré, avec un sentiment d’abandon.
Que va-t-il se passer ?
Y aura-t-il des blessés ?
Je pense à eux et elles.
Ces visages, ces sourires …
Et je me dis que demain, les médias parleront des poubelles qui ont été brûlées.
De simples poubelles.
Alors qu’aujourd’hui, c’est une jeunesse qui, sous mes yeux, a été confrontée à une violence qu’elle n’aurait pas du vivre, simplement parce qu’elle ose revendiquer un avenir meilleur !
Alors merci à eux et à elles.
Merci pour leur solidarité.
Merci pour leur entraide.
Merci pour leur humanité.
Aujourd’hui, ce sont mes élèves qui donne une leçon.
Et le plus amusant, c’est que nous en avons encore découvert un nouveau pas plus tard qu’hier 😄
Comme quoi, même lorsqu’on croit avoir fait le tour du paysage médiatique local… il reste toujours quelques pépites bien cachées.
🔎 Petites questions pour les curieux :
Combien de ces médias sont membres du Syndicat de la Presse Pas Pareille ?
Combien sont référencés ou membres du portail national Basta! ?
Et surtout… combien en connaissiez-vous déjà ?
🏆 Petit concours totalement officieux : qui connaissait tous les médias présents sur cette page ?
Si quelqu’un peut honnêtement répondre « moi ! », qu’iel nous contacte : iel gagnera au minimum nos félicitations les plus sincères, et probablement quelques minutes de discussion passionnée sur l’information locale 😄
📣 Et bien sûr, cette page a vocation à évoluer.
Si vous connaissez un journal, une radio, une web-TV, un média associatif, indépendant ou citoyen qui devrait y figurer et que nous aurions oublié…
👉 dénoncez-le-nous immédiatement ! 😁
Plus sérieusement : envoyez-nous son nom et son lien. L’objectif est justement de mieux faire connaître toute cette richesse médiatique locale, souvent bien plus vaste qu’on ne l’imagine.
🌱 Parce qu’une information locale diverse, indépendante et accessible est aussi une richesse du territoire.
Les Grands-Parents en colère se font entendre pour un monde juste, heureux, au futur rayonnant ! Découvrons-nous, nous sommes nombreux.
CONNAISSEZ-VOUS MAYA ANGELOU ?
Afro-américaine (1928 -2014), elle est une femme de lettre, artiste et militante. S’adressant à un jeune rappeur dans un extrait du film de Kamal Robinson : Une grand-mère en colère
“Si tu n’es pas en colère, tu es soit une pierre ou trop malade pour être en colère. Attention, il y a une différence, tu ne dois pas être amer. L’amertume est comme le cancer, elle ronge son hôte. Elle ne fait rien à l’objet de son déplaisir. Alors utilise cette colère, oui !
Tu l’écris, tu la peins, tu la danse, tu la marche, tu la votes, tu fais tout ce que tu peux avec, tu en parles. N’arrête jamais d’en parler !”
Ce film a pour origine une grand-mère engagée, Néna Baratier.
Alors que les syndicats se mobilisaient mardi dans la fonction publique, les lycéennes et les lycéens, mobilisés depuis plusieurs jours, poursuivent et amplifient leur mouvement avec une même exigence : un service public de l’éducation financé à la hauteur des besoins, garantissant une éducation de qualité et les mêmes droits pour toutes et tous.
La seule réponse à cet engagement parfaitement légitime de jeunes citoyennes et citoyens a été la répression, des interventions violentes, des gardes à vue massives, dont des enfants de 14 ans ! La LDH (Ligue des droits de l’Homme/droits humains) dénonce depuis plusieurs années un maintien de l’ordre brutal, qui ne respecte ni la liberté de manifestation ni la liberté d’expression, garanties pourtant par la Convention relative aux droits de l’enfant de 1989 (Cide) ou la CEDH. Elle s’indigne de l’usage indiscriminé de gaz lacrymogène et d’armes sublétales mutilantes (LBD, grenades explosives), contraire au droit international, la France étant le seul pays d’Europe à utiliser ces dernières contre sa propre population, et là, contre ses enfants.
Elle rappelle qu’elle a attaqué devant le Conseil d’Etat la nouvelle instruction du ministère de l’Intérieur sur les « violences urbaines », qui semble avoir été mise en œuvre contre les lycéennes et lycéens et leurs parents présents, car son postulat est un usage de la force contre des délinquants, et non la nécessité de prévoir la gestion d’une mobilisation pour contenir les débordements, tout en respectant la liberté de manifester. Une telle stratégie est dangereuse.
En témoignent les violences rapportées lors des mobilisations lycéennes, qui doivent alerter. À Tours, un jeune homme a été hospitalisé après une blessure à la tête qui semble liée à un tir de LBD au visage. L’IGPN a été saisie sur ce cas et deux autres enquêtes IGPN sont d’ores et déjà ouvertes. D’autres blessures envers des jeunes ou des parents d’élèves ont été signalées dans plusieurs villes. Les témoignages et les vidéos documentant ces interventions se multiplient. Outre l’usage de la force, on relève également un recours important aux amendes forfaitaires, outil de disciplinarisation de la jeunesse.
La LDH demande que toute la lumière soit faite et rappelle que l’usage de la force à l’encontre de lycéennes et lycéens doit répondre aux exigences les plus strictes d’adaptation, de nécessité, et de proportionnalité. Une réponse violente des forces de l’ordre ne peut aboutir qu’à une escalade de tensions, ce qui met en danger, par effet retour, les personnels de l’éducation, ce qui n’est pas admissible. Elle rappelle que, de surcroît, lorsque des infractions graves sont commises (telles des violences sur le personnel des établissements), l’éducatif doit primer sur le répressif.
La mobilisation de cette jeunesse contre le manque de moyens et pour bénéficier d’une éducation effective doit trouver une réponse politique et non policière.
La LDH dénonce par ailleurs l’instruction du ministre de l’Intérieur selon laquelle « l’usage proportionné de la force ne doit jamais inhiber l’action pour rétablir l’ordre ». Cette instruction donne une justification inadmissible à ces violences policières quand il aurait fallu au contraire appeler à la retenue, particulièrement s’agissant d’enfants. Cette répression brutale est contraire aux principes d’un Etat démocratique.
La LDH va s’employer, avec ses partenaires, à documenter les violences commises, pour une saisine du Défenseur des droits.
La LDH affirme sa solidarité avec les victimes et sa disponibilité pour accompagner les familles et leurs conseils dans leurs démarches.